mercredi 2 juillet 2008

Presse : Et le silence se fît

Le 7 octobre 2006, jour anniversaire de l’ex Président russe Vladimir Poutine la journaliste Anna Politkovskaïa était abattue sous le pas de sa porte.

On était en Russie en période pré-electorale, temps d’incertitude propice aux basses oeuvres. Le maître mot au sein des portes voix de la propagande anti-Russe étant de ne rien laisser passer qui contribue à nuire à l’image de Poutine.

L’assassinat de la journaliste sera du pain béni pour ces officines et autres organes de presse mondialisés qu’elles instrumentalisent.

Le rouleau accusateur se mettra en branle : ouverture quotidienne de JT, banderoles, campagne de boycott, fatwa diplomatique, inculpation cathodique, de potentiel bénéficiaire on passe à probable commanditaire, de probable commanditaire on passe à coupable certain.

La mémoire collective à force d’entendre les mêmes choses aura finit par se convaincre de la culpabilité évidente de Vladimir Poutine dans le meurtre de la journaliste.

Ca était le but recherché, il a été atteint : Le recul face à la désinformation n’étant pas des qualités qu’on promeut au sein de la masse citoyenne consommatrice.

Les derniers développements de l’enquête apportent de la lumière sur les circonstances de l’assassinat et leurs commanditaires « présumés » - au nombre de 3 - tous recherchés par la justice Russe et réfugiés en… Belgique.

Un mandat d’arrêt a été initié à cet effet. Tout semble converger à penser que les choses se tiennent, qu’il y’a de fortes chances que ceux vers qui se sont orientées les enquêtes ne soient pas étrangers à l'assassinat de la pauvre journaliste.

Nul fort écho dans la presse occidentale de l’évolution inattendue des enquêtes, à contre-courant de ce dont on a donné à ingurgiter avec force et certitude.

La manipulation récurrente de l’opinion en ce XXIè siècle va être l’une des batailles que les puissants se livreront et que la masse citoyenne aura à endurer.

Les techniques de propagande sont élémentaires et rôdées, prêtes à être remises au goût du jour au gré des interêts et de l’actualité : Ce qui compte, ça n’est pas la vérité des faits, c’est gagner l’opinion en un instant. Et ça marche, malheureusement.

A quand le réveil des Ch’tis.

jeudi 19 juin 2008

France : République bananière ?

A peine 21 ans et déjà à la tête d’un canton et de la fédération la plus prisée du parti au pouvoir, tout semble coulé de source pour le prodige Sarkozy junior.

Pourquoi devrait-il trimer, attendre d’avoir à passer ne serait-ce qu’une petite licence en comptabilité pour disposer par le mérite, l’effort ce dont il semble impensable pour le commun des humains de rêver.

Ce qui semble ahurissant c’est le silence compris, l’absence de gêne dans le discours public face à cet incroyable acte d’ascension positive dont bénéficie le fils d’un chef d’Etat en exercice dans ce qui semble une démocratie basée sur le culte du mérite, où les hommes sommes censés être nés, libres et égaux en chance et opportunités.

J’ai terriblement du mal à croire et comprendre que des « trucs » de ce genre puissent avoir cours en France.

Ca est un fait nouveau et exceptionnel, qui va nourrir le subconscient de beaucoup et participer de ces frustrations enfouies qui assemblées par on ne sait trop quoi seront le socle d'excitations éruptives et autres belles surprises qui donnent du piment à la vie et façonnent l’histoire.

Côte d'ivoire : Le temps des grandes manoeuvres

Dans moins de 150 jours, la Côte d’Ivoire aura à organiser des élections présidentielles.

Il est de notoriété publique que le vœux des autorités hexagonales c’est de voir quelqu’un d’autre succéder au Président Gbagbo, et ce en se montrant le plus discret mais non moins actif possible.

Beaucoup au sein de la majorité présidentielle ivoirienne ont parfois tendance à oublier cette constance de la politique Française en Afrique : Ne jamais faire de cadeaux à ceux des élites africaines qui ont eu à s’opposer (consciemment ou pas, durablement ou pas) aux desseins françafricains.

J'imagine et sais le président Gbagbo pas dupe du jeu des architectes de la Françafrique.

Ca fait une éternité il ne m’est arrivé de financer via un acte d’achat l’hebdomadaire négrier Jeune Afrique dont on dit avoir ses entrées auprès de ceux qui orchestrent la politique Françafricaine.

Sa dernière couverture est assez parlante de ce qui se prépare, elle illustre le jeu de « massacre » propagandiste appelé à être déroulé au fur et à mésure nous approcherons de l’échéance. Le but étant de tout faire, d’user de tous les moyens pour n’avoir pas à endurer un bail supplémentaire mérité et attendu de Laurent Gbagbo à la tête de l’Etat ivoirien.

Les temps à venir s’annoncent délicats pour les tenants du pouvoir et de la légitimité en Côte d’Ivoire.

mardi 6 mai 2008

L'urgence d'écoles africaines en occident

Ils sont de plus en plus nombreux, nos frères et sœurs d’Afrique à s’être laissés séduire par l’offre de bien être occidentale.

Pour beaucoup, l’aventure européenne n’est que temporaire : question de se faire de l’argent, de survivre, en attendant que la situation s’arrange chez soi.

Les choses ne se passent malheureusement pas toujours et à raison comme beaucoup l’espérions. Avec le temps, ne reste plus de nos intentions que l’illusion de pouvoir les accomplir. Les allers-retours annuels (épisodiques pour les autres) nous donnant à croire que le retour définitif se présentera un de ces quatre.

Il arrivera aux africains ayant émigré en occident d’avoir à faire des enfants, avec le secret espoir que ceux-ci fassent mieux qu’eux, grandissent dans de meilleures conditions et surtout ne perdent pas pied avec le nécessaire attachement à leur mère patrie : l’Afrique.

Si rien de profond n’est initié dès à présent, beaucoup risque de se rendre compte qu’est pris au leurre qui croyait prendre : que l’aventure occidentale n’était qu’un joli piège pour attirer les meilleurs le temps d’une génération, leurs fils et petits devant avoir à faire face à la dure réalité d’un système qui n’a pas pour vocation de faire d’eux des gens de qualité, qui semble n’avoir pour obsession pour les générations à venir qu'à en faire d’excellents subalternes.

Le système éducatif Français à la réputation d’être discriminant. On nous (Africains) reconnaît l’aptitude à refuser de faire face à la réalité. Ils seront très peu nombreux les fils et petits fils d’immigrés à bénéficier d’un bon enseignement, à garder en eux cette mémoire de la mère patrie que nous entretenons. Ils seront des millions d’africains expatriés destructurés, à être en quête de référence, de sens, de valeur, de repères dans ces contrées où rien ne leur sera facilité.

Nos fils petits fils, si nous ne prenions à bras le corps le problème dès à présent, auront à fréquenter des systèmes où rien ne sera fait pour les libérer de leurs complexes.

Ils risquent pour beaucoup de n’avoir pas la chance que nous avons eu : Celle de savoir d’où nous venons, d’hériter des valeurs, de n’avoir eu durant notre tendre enfance pour seule préoccupation que de retenir et exceller dans nos leçons, les fils et petits fils d’immigrés vivront la douloureuse expérience d’être une minorité stigmatisée dans un espace d’enseignement qui ne vous veut pas du bien, où alternent distanciation et souvent moquerie de la part des éducateurs.

Faire son éducation en France lorsque l’on est fils de migrant n’est pas simple. Très peu s’en sortent. Le destin des fils d’immigrés serait-il de faire la plonge au McDO, de côtoyer les moins bonnes écoles, de subir une histoire, un endoctrinement dont on se sent absent, qui ne vous parle pas, par des gens qui s’en foutent que vous compreniez ou pas ?

Parceque les politiques et multinationales occidentales l’ont comprises, et afin que les leurs ne perdent pas pied avec leurs cultures et racines, des écoles, lycées et collèges sont exportés là où les nécessités de service les amènent à s’expatrier. Assurant de ce fait la garantie que les fils de migrants occidentaux bénéficieront au pire de cette double culture qui fera leur richesse, auront incrusté dans leur imaginaire d’ado l’essentiel de ce qui fait la culture, l’identité, la fierté de leurs parents.

Nous Africains, ne disposons malheureusement pas ici en Europe des structures éducatives propres qui forgent l’identité de nos jeunes frères et sœurs, des centres éducatifs qui soient un rempart à cette politique de sous-qualification, sous-culture, sous-emploi qui leur est proposée.

Il importe que dès à présent nous prenions conscience de l’immense gâchis que sans le savoir nous construisons. Il est important que nous sachions ce que nous voulons pour nous et ceux à qui nous donneront vie. Quelle identité, quelle culture, quel enracinement ? Il importe que nous identifions notre voie et prenions les dispositions appropriées.

L’une des premières initiatives pour ceux qui n’oseraient pour de multiples bonnes raisons offrir un parcours éducatif à leurs enfants dans leurs pays d’origine, c’est de se voir proposer ici en occident une offre éducative puisant dans les racines et valeurs africaines, mêlant fierté, orgueil, profondeur, spiritualité, partage, solidarité, excellence.

Je rêve d’un maillage éducatif africain ici en Europe. Je rêve des écoles, collèges et lycées avec des enseignants fiers de leurs origines africaines, fiers d’avoir à passer de la connaissance et du savoir aux petits anges, fils d’immigrants africains. Je rêve de ces Ecoles, Collèges où entre deux cours, dans leur moment de « détente », les gamins pourront se ressourcer admiratifs auprès de ces portraits imposants tapissant les murs des classes, biblio, cafétéria, gymnases à l’effigie de toutes ces sommités qui font la fierté de l’homme noir - Patrice Lumumba, Martin Luther King, Nelson Mandela, Oprah Winfrey, Stanley O'Neal, Thabo Mbeki, Thomas Sankara, Kwame Krumah, Manu Dibango, Pierre Akendengue, Tchikaya U Tamsi, Mamadou Koulibaly, Alpha Oumar Konaré, Victor Fotso, Denzel Washington, Barack Obama, Cheick Anta Diop, Spike Lee, Helen Johnson Sirleaf, Paul Fokam Kanmogne, Simone Gbagbo, Mongo Beti, Charles Blé Goudé… - et auxquels il serait agréable qu’ils s’y identifient.

Place aux actes.

mercredi 30 avril 2008

Bonne nouvelle : le FMI licencie

Je suis de ceux qui ne croient nullement à l’utilité de ces instruments de nuisance économique que sont le FMI et la Banque Mondiale.

Parceque la nature humaine est faite essentiellement d’incertitudes, il arrive des moments où les choses ne se passent plus comme prévu.

On assiste depuis un certain temps à une bascule des équilibres du monde, des rapports de force.

La machine mise en place pour assurer la main mise de certaines puissances sur les plus pauvres semble être dépassée par les évènements. Ca n’est pas pour nous déplaire.

L’on annonce un plan de licenciement de 591 agents sur les 2900 que compte le FMI. C’est un signe des temps, des difficultés à venir pour cette organisation.

C’est le genre d’information dont on rêvait sans trop y croire, de celles qui vous donne l’envie pour le fun de claquer 5 bouteilles de champagne "veuve clicquot", question de s’assurer que le plaisir n’est pas feint et que ça se sache et se partage. Vivement le week-end.

Ca est probablement l’une des plus belles choses qu’il me soit donnée de vivre en cet an de grâce 2008.

Pourvu que ça se poursuive. Vivement que la Banque Mondiale nous fournisse elle aussi en motifs de satisfaction en mettant si possible la clé sous le paillasson. Il m’en faudra dans ce cas de figure une bonne dizaine d’année de fiesta pour me remettre des bonnes émotions ressenties.

Nous n’y sommes pas. Ne boudons pas ce plaisir que nous offre le FMI.

Chin, Chin… A la santé.

jeudi 24 avril 2008

Elections Ivoiriennes : Pourquoi Gbagbo perdra

Le président Gbagbo, à l’allure les choses se présentent en Côte d’Ivoire perdra la présidence de la république lors des prochaines consultations, et ce grâce au savoir faire de ces nouveaux manitous, faiseurs électroniques de Présidents tropicaux qu’est Sagem Securities.

Il manque malheureusement suffisamment de compétences en Afrique pour avoir une idée des subtilités, procédures, protocoles, failles sécuritaires que peuvent recéler les systèmes de collecte et de traitement de l’information.

Il semble acquis que dans ce domaine, l’Afrique accuse un certain retard.

Dans l’imaginaire de beaucoup de nos frères, informatique rime avec gage de sérieux, de confiance.

Ceux qui en occident sont payés pour traiter l’Afrique au corps ont travaillé à incruster dans l’inconscient collectif que le vote électronique était le seul gage du sérieux d’une élection.

La propagande sournoise a donné à persuader plus d’un que la petite société Française Sagem Securities était la seule à même de mener l’opération comme il se doit, qu’elle était la seule à même de monter ce miniscule logiciel basique de décompte des votes citoyens.

On a eu le FMI et la Banque Mondiale comme messie du développement, on nous fourgue ces jours dans un silence généralisé la Sagem securities et son arsenal de pirate des tropiques comme étant la principale garantie de ce que chaque vote comptera et sera correctement comptabilisé.

L’une des plus grosses erreurs (l’avenir nous en précisera) du président Gbagbo c’est d’avoir feint de croire que la Sagem ne s’aviserait pas à faire en Côte d’Ivoire ce qu’elle réussit ailleurs : du mauvais boulot.

Vu la foutaise, le très coûteux, calamiteux et historique gâchis qu’ont opéré ces prébendiers du vote citoyen en RDC, vu l’expertise qu’ils ont dans le maniement des instruments qui sont les leurs, vu le contexte ivoirien et international à venir, à moins d’un miracle, il semble acquis qu’à défaut de perdre les élections d’une très courte marge, la Côte d’Ivoire, pour avoir confié l’intelligence opérationnelle à la Sagem, n’en aura pas fini avec l’instabilité post scrutin. Gbagbo apparaissant cette fois non comme celui qui défend la légalité, mais comme le ploutocrate qui refuse de reconnaître sa très légère défaite suite à des élections reconnues par la foireuse « communauté internationale » comme étant l’une des plus justes, équitables, disputées et serrées qu’on ait connue en Afrique.

La donne en France a changé. La rupture Françafricaine annoncée en trompe l’œil a fait pschitt. Les pions se repositionnent en Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire, doucement, mais sûrement. Ca ne sera pas demain la veille, la Côte d’Ivoire en aura fini avec les ennuis.

A rusée, rusée et demie. La refondation, soit on la fait, soit on ne la fait pas.

Vivement que ceci ne soit que pure fiction, qu’à force de faire face aux subterfuges récurrentes de ceux qui se sont jurés d’avoir sa peau, que Gbagbo comprennent une fois pour toute que la pieuvre qu’il combat est plus dangereuse qu’il ne se l’imagine, qu’il est illusoire d’espérer qu’elle lui offrira la rédemption sans avoir livré une bataille à mort jusqu’au dernier soupir.

Le match françafricain en Côte d’Ivoire n’en n’est qu’à ses débuts. On risque d’en avoir pour encore au moins 5 ans.

vendredi 18 avril 2008

Crise alimentaire : FMI / Banque Mondiale, mission accomplie

Les politiques menées dans les pays du tiers monde ont été pensées, dictées, imposées et pilotées par le FMI et son pendant, la Banque Mondiale.

Il a été question pour l’essentiel de faire croire aux gouvernants africains qu’il n’y avait d’issue pour eux qu’en offrant les perles de leur frêle économie naissante aux capitaux rapaces avides de positions monopolistiques. On les a encouragé à n’investir le peu de recettes fiscales que sur la facilitation de la production et l’écoulement des produits de rente (café, cacao, banane, coton…), elles-mêmes entre les mains de multinationales recommandées.

Sous la sage inspiration des fossoyeurs des économies Africaines que sont le FMI et la Banque Mondiale, des politiques de de-structuration, de décapitation de ce qui fait le socle de l’âme et des valeurs africaines ont été menées avec hélas un certain succès.

On a encouragé nos paysans, nos jeunes frères et sœurs des campagnes à se détourner des cultures vivrières pour mettre à vil prix leurs bras et leurs valeurs au service de multinationales voyous.

Il a été conseillé à nos chefs d’Etat - pour la plupart de parfaits médiocres à qui on a cultivé le désamour des siens - de faire fi des préoccupations exotiques que sont la santé, l’éducation, la culture pour ne se focaliser qu’à ce qui rentre dans leur poche et suffit à assurer la paix armée, quid des générations à venir.

On a fait croire aux nôtres que les devises glanées de la vente des produits de rente - prix fixés par l'acheteur - suffiraient le moment venu à rectifier le tir, à redonner les moyens aux dirigeants d'investir sur du long terme, sur la jeunesse et l’homme africain.

Le FMI et la Banque Mondiale - qu’on se le dise une fois pour toute - n’ont pas pour vocation de contribuer au développement des pays Africains. Ca est une évidence plus forte que celle qui fait que 1+1=2.

Le FMI et la Banque Mondiale sont passés, l’Afrique comme prévue trépasse, le désastre par eux conceptualisé commence à porter ses fruits.

On leur a assigné une feuille de route, ruiner ce continent souffre-douleur. Au vu de ce qui se passe et de ce qui nous est réservé, on se doit d’admettre que ces messieurs et dames des institutions financières mondiales ont fait du bon boulot.

Par ces temps de pouvoir d’achat moribond, en voilà des "bosseurs" qui n’auront pas du mal à se faire augmenter pour avoir su semer le drame et la désolation parmi les plus pauvres.

L’espoir est nègre, je n’ai pas le moindre doute, que le message d’alarme sera compris, qu’ils sont ce jour nombreux ceux qui comme moi pensent que c’est dans ces moments délicats que face au mur, tout ce qui semblait flou s’éclaircit, que le courage, la rage s’emparent de vos dernières poches de résistance et vous convainc de la nécessité d'accompagner la prise de conscience des menaces et des risques vitaux qui pèsent sur les nôtres des actes forts, refléchis, transcendants.

vendredi 11 avril 2008

Françafrique : Retour vers le futur

Je suis de ceux qui connaissant la profondeur de l’âme de l’excité de l’Elysée sait qu’il est des personnes – peu nombreuses - à qui on ne doit faire confiance.

La parole de Sarkozy pèse pour ce qu’elle est : du vent, rien que du vent.

Après l’historique calamiteux discours de Dakar, et le supposé rattrapage trompeur de Johannesburg, les derniers naïfs à croire à la parole Sarkozienne ont tôt fait de penser que l’homme de la rupture avait refait corps avec l’esprit et la lettre de son slogan fondateur de campagne. Le Sarkozy nouveau a-t-on claironné était de retour.

Le limogeage sur ordre du modéré JMB (Jean Marie Bockel), la promotion au poste d’un parfait inconnu (Alain Joyandet) aux airs de croupier rondouillard reconverti en politique, n’ayant pour seule ambition que de s’incliner devant la parole présidentielle et de se la jouer tranquille, sont des signes définitivement évidents que la France Afrique est de retour.

La visite d’excuse du tout nouveau patron de la coopération au Président Gabonais qui se vante d’avoir fait tomber Bockel en est la bonne illustration.

Sarkozy c’est connu n’a pas l’étoffe du métier. Il n’a aucune sympathie - c’est clair -pour l’Afrique. Il est des rares personnes pour qui les mots doivent être pris pour ce qu’ils sont : du vent et du son.

Ceux qui se sont précipités à lui accorder du crédit en ont eu pour leur naïveté.

Mon opinion sur l’homme je l’ai dit dans un précédent post est faite, elle est juste et définitive quoiqu’il fasse et dise. Il est ce qu’il est, il ne changera pas : Un sacré menteur.

C’est pas tous les jours qu’on en trouve à la tête des Etats.

Faudra faire avec et croiser les doigts.

Sait-on jamais.

lundi 7 avril 2008

Mondialisation : Les nouveaux refoulés

Il est question ces derniers jours de la fermeture du site de Gandrange : près de 600 ouvriers sur le carreau.

La compétitivité et les besoins de délocalisation étant passés par là.

On savait les nouveaux barons du capitalisme transfrontalier sans foi ni loi. On n’était loin de penser que dans la tête de ces humains devenus riches par leur disposition à se faire un max de sous dans le dos de naïfs consommateurs, on ne les savait pas capable de ce saut de l’indécence qui consiste de nos jours à proposer à leurs concitoyens de vider les lieux, de s’expatrier dans des contrées moins avancées et ce à des conditions financières légèrement inférieures au contexte local.

La délocalisation d’entreprise s’accompagne aujourd’hui d’offres de déracinement.

Se voir proposer d’aller avec femmes et enfants trouver sa pitance à 6000 km de chez soi avec un revenu calqué sur ce qui se fait en local est un des signes des temps qui changent. Il y’a encore peu, la tendance en occident était d’expatrier sous les tropiques des recalés au brevet à qui leur était offert des fonctions d’encadrement au plus haut niveau et ce à des conditions financières exceptionnelles.

La mondialisation des capitaux s’accommode mal du patriotisme citoyen. Ce qui compte pour ceux qui entreprennent c’est ce qu’on gagne, quid des hommes, des cultures, des sentiments.

La compétitivité ouvrière se trouvant du côté du Sud, l’Europe va avoir de plus en plus de difficulté à caser ses dizaines de millions de concitoyens impactés par la compétitivité et la mondialisation des opportunités.

Cette mauvaise donne s’ajoutant à une panoplie d’autres (matières premières, pétrole, croissance, démographie, bouleversement climatique…) dans un monde lancé comme une fusée, beaucoup d’analystes ont l’esprit en alerte à l’effet de ne rien louper de ces montages que les stratèges d’occident mettront en musique afin que l’avenir des leurs refoulés du fait de la mondialisation ne soit pas triste, que là où ils sont appelés à s’expatrier que des conditions soient suscitées de telle sorte que la maîtrise du pouvoir et des richesses locales ne leur échappent.

mardi 1 avril 2008

Francophonie, Combien de divisions

On assiste à une bascule des équilibres du monde : Croissance molle sinon nulle en Occident, montée en puissance de la Chine, envolée des prix des produits agricoles et des matières premières, animation climatique, délocalisation, déficit démograhique, perte de compétitivité.

Les stratèges en sont à repenser des scénarios de survie dans ce monde en mouvement incontrôlé.

Des choses qui paraissaient inconcevables il y’a peu se banalisent jour après jour : Opa de l’indien Mittal sur Arcelor, rachat de Rover et Jaguar par l’indien Tata, délocalisation en masse, irruption des fonds souverains dans l’animation des marchés. Nul ne sait quel visage aura le monde dans les 3-4 années à venir.

Ceux qui ont grandi sous l’emprise d’une culture francophone, en héritant les gènes et le chauvinisme, se sont fourvoyés en pensant avoir en patrimoine la deuxième plus belle langue au monde juste après l’Anglais, cette prouesse dans l’inconscient de beaucoup rimant avec deuxième puissance mondiale dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’économie, du culturel ou du militaire.

Beaucoup d’essayistes ont produit de la littérature sur le déclin quasi assuré du modèle Français. Au vu des grands enjeux du monde, des bouleversements attendus, de la démographie, des fondamentaux, du liant social, la France dans ce troisième millénaire résiste moins bien que les autres, elle est à mille lieues de ce qu’elle fût il y’a 50-60 ans. Cette dégringolade étant appelé à s’amplifier au fil du temps.

Le modèle Anglo-saxon est porté par un grand nombre de pays tous aussi impressionnants de singularité, d’audace, d’originalité les uns les autres : Usa, Angleterre, Australie, Afrique du Sud, Kenya, Irlande….

Le Japon à lui seul est une exception positive. La capacité qu’ils ont à produire de la richesse sur un bout de caillou ingrat est impressionnante. La France serait peuplée de Japonais, qu’elle serait de loin et pour au moins un millénaire assurée d’être la première puissance du monde.

Le bloc espagnol porté par des pays d’Amérique latine et l’Espagne fait montre de dynamisme, d’audace.

La Chine, la Russie sont aujourd’hui des puissances qui inspirent du respect du fait qu’à elles seules elles puissent s’en sortir sans avoir à devoir à s’arrimer à un groupe de puissances moyennes (Union Européenne) pour donner de la voix et se faire entendre.

Que la Wallonie Belge, le Québec Canadien, 2 enclaves à problème, soient les plus gros contributeurs de l’espace francophone après la France est l’un des signes patents de ce qu’il faille pour beaucoup prendre conscience de l’urgence à revenir à la réalité : nous abstraire de la factice illusion de puissance de l’espace francophone.

Les Flamands n’en veulent plus de ces belges de Wallons, porteurs des germes irréductibles de "l’assistanat, de la paresse, de la stupidité" (dixit).

Les dynamiques anglophones Canadiens - si n’eût été pour des raisons humanitaires - auraient volontiers concédé à cette insolente et passive région francophone qu’est le Québec, cette indépendance dans la pauvreté qu’elle réclame, inconsciente de la multitude de ses lacunes dont l’une plus cocasses est de ne pouvoir se faire comprendre dans cette langue de Molière qui structure leur volonté d’indépendance.

Le monde est en ébullition, le hasard a voulu que beaucoup héritions de la culture francophone. A défaut d’avoir à la renier parce que source de moquerie et porteur d’un soupçon d’incomplétude, prenons conscience de notre très faible positionnement, sachons faire les choix qui ne nous éloignent pas de la marche du temps, ouvrons-nous grandement à ce qui se fait dans d’autres espaces, faisons le saut du multiculturalisme, passons outre la barrière virtuelle de la langue, allons au contact des autres us et coutumes, osons déchirer ce voile de la stupidité qui nous maintient dans l’ignorance tranquille, nous empêche d’embrasser ces inconnus dont nous en aurons grandement besoin demain. Question de survie.